
Savane d'Eloi (fille de Lincoln et de Nesse du Parc, tous d'eux stationnés à l'Asinerie nationale de Dampierre-sur-Boutonne)
Ses origines (ibériques) sont à peu prés aussi occultes que ses qualités, et il faut attendre 1717, alors que l'industrie mulassière est probablement active depuis plusieurs siécles dans cette région, pour qu'en soit publiée la première description.
Sa fonction de géniteur pour la production des mules y est d'ailleurs clairement évoquée, fonction quasi exclusive pour cet âne réputé pour sa lascivité et ses qualités prolifiques qu'il conserve jusqu'à un âge avancé...
"Son pelage hirsute, rapporte Sausseau, qui chez ceux dits bouraillous ou guenilloux se montre recouvert de véritables loques de poils feutrés, lui attire partout un succés de curiosité".
En 1884, lors de la création du stud-book, tout le Poitou produit des mules mais le Baudet est surtout élevè dans le département des Deux-sèvres, où sont implantés 94 des 160 ateliers (haras privés) recensés en Poitou.
Dans l'Entre-deux-geurres, en 1936, dans sa thése de doctorat vétérinaire, Lepage estime qu'il ne reste qu'une qurantaine d'ateliers, assurant la production annuelle de 2000 à 2500 muletons et de 200 fedons (ânons)
Peu à peu reconstitué le cheptel s'effondre à la fin des années, anéanti par le développement de la traction mécanique.
En 1957, une enquête réalisée dans le cadre de l'INRA à la demande des Haras nationaux conclut à la disparition définitive de la race avant la fin du siécle si rien n'est fait pour renverser la tendance et assurer la reproduction et la régénération du cheptel encore existant". Annick Auger, chargée de ce travail, ne recense plus que 44 Baudets et ânesses du poitou, 20 mâles et femelles, repartis chez 14 propriétaires...